La Réussite : 4 secrets pour cesser de vous minimiser

La Réussite : 4 secrets pour cesser de vous minimiser

« Oh, vous savez, j’ai eu beaucoup de chance. » Cette phrase, prononcée avec un sourire, semble inoffensive. Elle est en réalité l’un des gestes les plus coûteux qui soient. Voici quatre façons dont vous rapetissez vos succès sans le savoir et ce que cela vous coûte, en reconnaissance comme en rémunération.

En janvier, nous parlions du blocage qui précède l’action : attendre la permission d’aller plus loin. Celui dont il est question ici est plus sournois, car il survient après. Vous avez réussi. Le projet a abouti, la cliente a signé, le chiffre est là. Et c’est précisément à ce moment-là, au moment de recevoir, que le réflexe se déclenche : minimiser. En effet, il prend quatre visages.

1. Vous mettez tout sur le compte de la chance ou du timing !

« C’est tombé au bon moment. » « J’étais au bon endroit. » La chance existe, bien sûr. Mais remarquez l’asymétrie, largement documentée par la recherche : vos échecs sont toujours de votre faute, vos réussites jamais de votre fait. Autrement dit, attribuer systématiquement ses victoires au hasard, c’est signer le travail de quelqu’un d’autre, le destin, à la place de son propre nom.

2. Vous diluez votre « je » dans un « nous »

« C’est toute l’équipe. » Reconnaître les autres est une élégance ; s’effacer derrière eux est une disparition. Pourtant, si vous avez pensé la stratégie, porté la décision, tenu la barre dans la tempête, le dire n’enlève rien à personne. Or, le « nous » permanent a une conséquence très concrète : au moment des promotions, des budgets et des augmentations, personne ne sait ce que vous, précisément, avez fait.

3. Vous rapetissez vos chiffres et vos titres

« J’ai un petit cabinet. » « Je fais un peu de conseil. » « C’est une petite activité qui tourne. » Écoutez-vous parler de ce que vous avez bâti : combien de diminutifs ? Ainsi, le chiffre est annoncé à la baisse, le titre raboté, l’activité qualifiée de « petite » avant même que quiconque ait posé la question. Pourtant, ce vocabulaire n’est pas de la modestie : c’est une étiquette de prix. Celle que vous collez vous-même, et qu’on lira avant de vous faire une offre.

4. Vous renvoyez les compliments comme des balles trop chaudes

« Oh, ce n’est rien. » « Tu aurais fait pareil. » Un compliment refusé trois fois finit par ne plus être formulé. En réalité, à force de renvoyer la reconnaissance, on éduque son entourage professionnel à ne plus l’offrir et l’on s’étonne ensuite d’être oubliée au moment où les opportunités se distribuent.

Ce que l’effacement coûte vraiment

Ces quatre réflexes semblent relever de la politesse. Ils relèvent pourtant de l’économie. En effet, la reconnaissance n’est pas un supplément d’âme : c’est la monnaie d’entrée de la rémunération. On augmente celle dont on voit la contribution ; de même, on recommande celle dont on connaît les résultats ; enfin, on investit dans celle qui assume ce qu’elle a construit. Autrement dit, chaque minimisation est une remise accordée avant même la négociation.

La bonne nouvelle, c’est qu’un réflexe se rééduque. Par exemple, la prochaine fois qu’une victoire arrive, essayez ceci : dites simplement « merci, j’ai beaucoup travaillé pour ça ». Rien de plus. Pas de chance, pas de « nous », pas de diminutif, pas d’excuse. Observez d’abord l’inconfort, puis observez ce qu’il devient, à force. Car c’est exactement à cet endroit que commence le rayonnement.